Comment parler de ses voyages?

Astuces

« Nous sommes tous des explorateurs à la recherche de nous-mêmes »

Souvent quand je raconte mes voyages, j’appréhende la réaction des gens. J’ai peur de les ennuyer, qu’ils ne comprennent pas ce que je ressens. Vous allez me dire, mais on s’en fout… Oui, mais pourtant je sens ce décalage. On ne peut pas parler voyage avec tout le monde. Beaucoup seront jaloux, vous envieront. Selon eux, ce n’est pas normal, vous êtes des profiteurs et j’en passe. Ils vous diront qu’il faut travailler dur, pour avoir une voiture, une maison… une vie confortable en fait et matérialiste. Alors quand toi, tu débarques et que tu racontes ton expédition au Machu Picchu, ta découverte des chutes d’Iguaçu entre le Brésil et l’Argentine, et ce plusieurs mois à parcourir un continent, et en plus seule, ils te regardent un peu comme une fille instable. Puis quand tu leur dis qu’en plus, tu as encore des envies de voyages, alors là, ils se bloquent. Cette fille cherche-t-elle à fuir ? Mais que veut-elle fuir ? Pourquoi elle ne fait pas comme tout le monde : métro, boulot, dodo…

Après 2 ans à parcourir le monde seule en sac à dos, pour découvrir une autre manière de vivre et de faire, j’ai eu envie de montrer aux femmes que voyager solo est à la portée de toutes. 

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2/ le jour où j’ai décidé de partir seule
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En fait, ces gens-là ne comprennent pas que plusieurs choix de vie sont possibles. Il n’y a pas de meilleur mode de vie qu’un autre. Juste, il y a ceux qui choisissent de voyager et qui sont très heureux ainsi, il y a ceux qui ont besoin de stabilité et qui se sentent bien dans un métro boulot dodo et puis il y en a d’autres qui partent 6 mois en voyage et 6 mois dans un travail à plein temps ou saisonnier. Ce n’est pas parce que notre propre mode de vie est différent qu’il faut le juger. C’est comme juger une culture qu’on ne connaît pas et proclamer qu’elle est nulle. Comment donner une opinion sur quelque chose que vous n’avez jamais vécu ? Ceci a même un nom : cela s’appelle l’ethnocentrisme : Tendance à privilégier le groupe ethnique auquel on appartient et à en faire le seul modèle de référence. Cela me rappelle mes cours de philo tiens… Forcément, nous sommes nés sous un même modèle, mais ça ne nous donne pas le droit d’aller juger une culture de manière négative.

Soyez fiers de votre culture certes, mais je vous invite à ouvrir votre esprit. Le monde ne tourne pas qu’autour de votre propre culture.

On pourrait prendre pour exemple le mythe de la caverne de Platon (encore ces cours de philo du lycée tiens !). Nous sommes comme des prisonniers enchaînés dans une caverne, et qui ne voient du vrai monde que les ombres projetées par la lumière du dehors sur le mur de la paroi du fond.

J’invite juste les gens à réfléchir, au lieu d’être méfiant de quelque chose que vous ne connaissez pas, soyez curieux. Écoutez les gens parler voyages et apprenez d’eux. Vous saviez que les Colombiens travaillent 48 heures par semaine ? Qu’à part la Salsa et la Bachata, il y a d’autres danses connues comme le Porro ou bien la Champeta ? En Équateur, la monnaie officielle est le dollar. Il n’y a pas qu’à Rio qu’on peut célébrer le carnaval, mais aussi en Uruguay ou bien à Barranquilla en Colombie.

Quand un voyageur te raconte ce genre de choses, ce n’est pas pour se sentir supérieur. Il cherche juste à partager avec toi ce qu’il a découvert.

Un voyageur se sent explorateur, c’est un Christophe Colomb qui découvre l’Amérique tous les jours. Nous sommes des journalistes, des êtres curieux. Alors pourquoi se fermer à quelqu’un qui cherche seulement à partager ses expériences, à parler de ce qui l’anime, de ce qui vibre en lui… Et c’est pareil pour toute passion, Peut-être aimez-vous le foot, le tennis, danser, chanter…

Chacun devrait être libre de pouvoir s’exprimer tel qu’il le souhaite sans jugement aucun. Soyez curieux, intéressez-vous à ce que l’autre peut vous apporter, on apprend de tous.

« Chercher à vivre de nouvelles expériences, c’est se transformer en se confrontant à soi-même »

 

@Melsolotravel

Nouvelle ici ?

Et si tu commençais par ces articles-là :

Je me souviens de ce jour-là. C’était une magnifique journée, je venais de passer la journée aux chutes d’Iguaçu…

Mes étudiants me répètent sans cesse cette question. Pourquoi la Colombie, pourquoi ici ?

À la sortie du bac, on se pose tous la question : quel métier ais-je envie de faire ?