Prof, pourquoi Medellin ?

Mes voyages

Mes étudiants me répètent sans cesse cette question.

Pourquoi la Colombie, pourquoi ici ?

Je crois que j’ai dû répondre au moins une centaine de fois à leurs interrogations.

Pour eux, c’est tellement étonnant de voir des étrangers dans leur pays. Cela s’explique notamment par l’image négative qu’a subi la Colombie ces dernières années. Même vous, je suis sûre, vous vous demandez si c’est toujours aussi dangereux, non ?

Oui, quand on prononce le mot Colombie, on pense drogue, tourisme sexuel, à celui dont on ne doit pas prononcer le mot, enlèvements et j’en passe… Je suis d’accord avec vous, ça fait peur. Ce serait faux de vous dire que tout ça n’existe plus, mais il est vrai que la Colombie a beaucoup changé. Le pays s’est ouvert au tourisme depuis quelques années maintenant et ne cesse d’évoluer.

Non mais entre nous, de manière générale, la Colombie est aujourd’hui un pays sûr si vous restez dans les quartiers touristiques et faites preuve de bon sens. On trouve dans tout le pays de nombreuses infrastructures pour s’héberger et une qualité de vie tout de même bien développée.

Après 2 ans à parcourir le monde seule en sac à dos, pour découvrir une autre manière de vivre et de faire, j’ai eu envie de montrer aux femmes que voyager solo est à la portée de toutes. 

Top 3 articles

1/ Prof, pourquoi Medellín ?
2/ le jour où j’ai décidé de partir seule
3/ Le fil rouge de mi vida loca

Alors, pourquoi Medellín ?

Tout d’abord pour vous situer un peu, Medellín, capitale du département d’Antioquia, se situe au nord ouest du pays. Elle est la deuxième plus grande ville de Colombie avec un total de 2.5 millions d’habitants. Ça en fait du monde ! Et Paris, c’est combien déjà ? Ah oui 2,1 millions… Et encore, je ne fais même pas partie des statistiques, car j’habite à Envigado, une ville juste à côté (rires)(oui, il n’y a rien de vraiment drôle)(humour français quand tu nous tiens). Et pourtant Medellín n’est ni grande ni petite… C’est un mix des deux par ses nombreux petits quartiers qui en font sa richesse. Bref, Medellín est une ville très agréable où vivre pour s’expatrier.

D’ailleurs en parlant d’humour français, il y en a très peu qui le comprenne parmi les étrangers… À croire que nous les français, nous aimons plus la rigolade que la normale ?

Donc, qu’y a-t-il de si excitant à Medellín au point de vouloir s’y installer ?

La réalité est telle que je n’avais jamais prévu d’atterrir ici, tout ceci a été le méli-mélo de nombreuses circonstances. C’était un 8 juillet 2018, je me trouvais sur une île, plus précisément sur l’île de San Andres. Cette île est l’un des joyaux de la Colombie et j’y suis partie à l’aventure pendant une semaine. Cela faisait au total 8 mois que j’étais sur les routes de l’Amérique latine. J’arrivais à un point où je ne savais plus vers où aller. Dois-je rentrer en France ? continuer la route vers l’Amérique centrale ? ou bien carrément aller au Canada ? Tout un tas de questions me sont parvenues dans la tête. Je ne savais pas quoi faire…

Quand on voyage, tu verras, on est amené à prendre tout un tas de décisions et pour être honnête avec toi, je déteste prendre des décisions… Cela m’arrache le cœur à chaque fois ! Car oui… J’ai envie de tout faire à la fois. Sauf que Mélanie, cela n’est pas possible ! donc la solution… Se lancer quelque part et faire en sorte de rendre cette décision la meilleure possible.

Alors me voici à San Andres avec toutes ces questions… et l’objectif de chaque journée était avant tout de profiter au maximum de cette eau turquoise et de… Lâcher prise. Arrêter de se soucier du futur et de toutes ces questions existentielles. Après tout le futur existe-t-il vraiment ? Savez-vous le prédire ? et puis même si vous le saviez, ça vous servirait à quoi… la vie est une aventure et le but est d’en découvrir toutes les facettes n’est-ce pas ? Si on savait tout à l’avance, il n’y aurait plus aucune raison de vivre.

Alors un conseil… Débute positivement chaque journée et vis-la comme si c’était ton dernier jour. Explore, sois curieux. Profite de l’instant présent. Et le passé, on en fait quoi ? On retient le positif et on transforme les difficultés en force. On est ici pour avancer et faire ce qui nous plaît et non se soucier de ce qui n’existe plus. Quand tu regardes un film, tu réfléchis à un dénouement positif non ? Et puis en fin de compte, tu ne retiens que la fin… Du moins la morale de l’histoire. Et si toi aussi, tu étais l’acteur de ta propre vie, quel rôle aurais-tu ?

Revenons à nos moutons… je disais, San Andres, une île paradisiaque (oui, j’insiste !), l’endroit idéal pour se reposer. Si ce n’est que j’ai fait la fête tous les jours (rires). J’ai passé des moments magiques là-bas. J’ai presque rencontré l’amour (je dis bien presque), j’ai rencontré des gens magiques. On a découvert l’île de long en large, fait des balades en bateau, fait la fête chaque soir jusqu’au bout de la nuit… Autant, vous dire que je n’ai pas vu le temps passer, jamais, j’aurais cru passer des moments aussi incroyables.

Je rencontre alors le soi-disant l’amour, la faute à Cupidon avec sa flèche certainement empoisonnée (rires). Je tombe sous le charme. Quelque chose me souffle à l’oreille de le suivre à Medellín d’où il vient. Je marche beaucoup à l’intuition et quelque chose me pousse vraiment à aller là-bas (à moins que le “l’amour donne des ailes” soit véridique) ? (rires cyniques). C’est surtout que j’aime suivre ma vie en fonction de ce que je ressens, aller où le vent me porte, suivre ce que l’univers me souffle au creux de mon oreille.

Me voilà alors à Medellín, ville que je connaissais déjà mais qu’à la base je n’avais pas aimé. Elle ne m’avait pas encore totalement conquise…

J’ai alors pour objectif de trouver du travail et commencer à m’installer.

Il se trouve qu’à San Andres j’avais rencontré une colombienne qui était prof de français dans une académie ici. On s’était échangés les contacts et m’a aidé dans mes recherches.

Je me met alors dans la peau d’une vrai chercheuse d’emploi (après 8 mois à se prélasser il serait temps de re bosser un peu)(rires). Je refais mon CV tout en espagnol, et je commence à communiquer à tout le monde autour de moi que je cherche du travail. Je vais à des meetings couchsurfing, à des échanges de langues et je dis même aux chauffeurs de taxis que je cherche du boulot (sait on jamais, ils ont pas mal de contacts les taxis)(rires).

Après 2 ans à parcourir le monde seule en sac à dos, pour découvrir une autre manière de vivre et de faire, j’ai eu envie de montrer aux femmes que voyager solo est à la portée de toutes. 

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J’étais déterminée. J’envoie des centaines de mails à toutes les académies de langues alors que je n’ai absolument aucune expérience, mais je suis française, c’est déjà un bon point (rires). Je pars du principe que quand on veut, on peut et qui ne tente rien n’a rien… Telle est ma devise.

Entre temps, ma romance bat de l’aile si je puis dire… cet amour illusoire se “désillusionna” rapidement. Ah les amourettes de vacances… c’est beau, mais seulement en vacances, oui oui… Mais bon, ça ne coûte rien d’y croire… si ce n’est abîmer légèrement ton petit cœur sensible. On se remet toujours d’un échec amoureux dans tous les cas, et je sais de quoi je parle. Ça fait mal au début, c’est vrai, mais personne ne meurt d’amour… si ce n’est Roméo et Juliette, quelle folie… (rires).

Pour être totalement honnête, je me suis par la suite demandé si ça valait le coup de rester sur Medellín… et puis je me suis dit que je ne pouvais pas me laisser abattre juste pour une personne. Je ne suis pas venue ici que pour lui. Dans tous les cas, je devais retourner sur Medellín, mais pour prendre un avion et m’envoler vers une destination dont je n’avais en fait aucune idée… Je voulais juste tenter l’expérience ici avec lui. Et je m’étais dit que si ça marchait, c’était cool et sinon, au moins j’aurais essayé et pas de regrets. Je n’aime pas avoir de regrets, j’aime vivre les choses à fond et voir les résultats. Je veux expérimenter la vie à son maximum quitte à tomber et à me relever. Un proverbe japonais dit d’ailleurs tombe 7 fois et relève-toi 8 fois (et si ça fait plus de 7 fois, on fait comment !?)(rires)(Mel, arrête avec ton humour cynique…).

En attendant de trouver du travail, je commence un volontariat dans une auberge de jeunesse. J’ai eu beaucoup de chance, car j’ai trouvé facilement. On m’a donné une opportunité et je l’ai saisi. Parce que oui, je ne pouvais pas rester ici à rien faire et dépenser tout mon argent qui commençait à manquer à vrai dire. Et puis vivre dans une auberge, c’est tout de même chouette… On rencontre tout plein de nouvelles personnes tous les jours.

Au total, j’y serais restée 4 mois ! Je n’ai pas vu le temps passer… Oui, cela a pris du temps de trouver du travail. En réalité, 1 mois après mon arrivée à Medellín, l’académie de langue m’avait contacté et j’avais passé quelques tests, entretiens…

Sauf qu’avec les démarches, la réorganisation de l’entreprise (car oui, va savoir pourquoi, au mois d’août, ils ont fait du ménage dans l’équipe !) et toute la paperasse, ça a pris beaucoup plus longtemps que prévu… Parfois, je me demande même comment j’ai fait pour tenir et attendre. J’ai failli abandonner plusieurs fois, mais j’ai tenu ! J’ai tenu bon.

Je ne vous cache pas qu’il y avait un peu de stress, car mon visa touriste arrivait à expiration et j’attendais avec impatience ce visa de travail ! ce boulot était mon unique moyen de rester plus longtemps en Colombie… Et c’est là que j’ai réalisé à quel point je ne voulais pas rentrer. Je voulais rester et je voulais tenter ce challenge d’être prof de langues pour la première fois de ma vie !

Après de multiples batailles, j’y suis arrivée… Du moins après beaucoup de patience. Je vous jure j’étais à bout…

Et aujourd’hui cela fait 3 mois que je suis en poste !

Alors, je suis une warrior ou pas? (Riressssss).

(Actu : j’ai au final travaillé 7 mois dans l’école ; de retour en France depuis Juin 2019! Article à suivre du pourquoi je suis rentrée…)

@Melsolotravel

Nouvelle ici ?

Et si tu commençais par ces articles-là :

Je me souviens de ce jour-là. C’était une magnifique journée, je venais de passer la journée aux chutes d’Iguaçu…

Mes étudiants me répètent sans cesse cette question. Pourquoi la Colombie, pourquoi ici ?

À la sortie du bac, on se pose tous la question : quel métier ais-je envie de faire ?